Pour sa neuvième exposition à la galerie Mathgoth, Jace présente Cœur Sensible, un nouveau projet qui prolonge plus de quinze ans de collaboration entre l’artiste et la galerie. Pensée comme un parcours en trois chapitres, l’exposition réunit certains des grands axes de son travail : l’amour comme nécessité contemporaine, un regard lucide sur notre époque, et un hommage à Tchernobyl, dont cette année marque le 40ᵉ anniversaire de la catastrophe.
La première partie, la plus importante de l’exposition, est consacrée à l’amour. Pour Jace, dans un monde traversé par la violence et l’incertitude, il ne s’agit ni d’un thème décoratif ni d’un sentiment abstrait, mais d’une nécessité. Le Gouzou s’y fait plus tendre, plus complice, à travers une série de toiles inédites.
La deuxième partie rassemble des œuvres réalisées sur palissades, supports métalliques et matériaux issus de l’espace urbain. Fidèle à son langage visuel, Jace observe le monde sans détour. Crises climatiques, conflits, dérives économiques, dirigeants ivres de pouvoir : le Gouzou devient ce révélateur discret qui pointe les absurdités de notre temps avec humour et précision.
La troisième partie revient sur Tchernobyl. En 2019, Jace séjourne quatre jours dans la ville fantôme de Prypiat, où il réalise vingt-six fresques dans la zone d’exclusion. Il présente ici des photographies prises sur place, imprimées sur bois puis retravaillées à la peinture. Dans des tonalités volontairement estompées, ces œuvres prolongent la mémoire du lieu tout en y introduisant la présence fragile du Gouzou.
Jace ne donne jamais de leçon. Il déplace simplement le regard. Avec ironie, tendresse et justesse, Cœur Sensible rappelle qu’un sourire peut encore faire réfléchir.